Initiatives de marche au travail : comment booster l'engagement des employés

Lancer une initiative de marche au travail est l'un des moyens les plus simples de créer une dynamique collective sans organiser un événement complexe. Pour les équipes RH et les responsables QVCT, ce type de programme est particulièrement intéressant, car il peut facilement inclure plusieurs bureaux, des équipes hybrides ou des collaborateurs entièrement à distance.
Une initiative de marche ne résout pas à elle seule les causes profondes du désengagement, comme un management défaillant, une charge de travail excessive ou un manque de confiance. Elle peut en revanche favoriser la participation, multiplier les échanges entre collègues et encourager une activité physique régulière autour d'un objectif commun.
L'enjeu est de ne pas réduire le programme à un simple classement individuel. Un bon défi associe un objectif partagé, des équipes, une progression visible et des récompenses capables de motiver aussi bien les participants les plus actifs que le reste du groupe.
Points clés
- Construisez le défi autour d'un objectif collectif simple, par exemple parcourir ensemble la distance jusqu'au camp de base de l'Everest ou faire virtuellement le tour du monde.
- Les équipes renforcent la dimension sociale du défi, notamment pour les collaborateurs répartis entre plusieurs bureaux ou en télétravail.
- Les résultats individuels peuvent rester visibles. Voir sa propre contribution à côté de celle de ses collègues peut renforcer la motivation sans faire disparaître l'objectif commun.
- La marche se prête particulièrement bien à ce type de défi : les pas sont simples à comprendre et ne nécessitent généralement ni équipement particulier, ni réservation, ni apprentissage d'un système de points complexe.
- Pour une première édition, une durée de deux à quatre semaines est souvent assez longue pour inscrire le défi dans le quotidien sans qu'il s'essouffle.
- Prévoyez plusieurs types de récompenses : des prix pour les meilleurs résultats, des tirages au sort parmi les participants ayant atteint un seuil défini et de petits objectifs intermédiaires fixés par les RH.
- Le coût par collaborateur peut rester faible par rapport à de nombreuses activités de team building, notamment lorsque plusieurs sites ou équipes à distance participent au même programme.
Qu'est-ce qu'une initiative de marche au travail ?
Une initiative de marche au travail est un programme limité dans le temps au cours duquel les collaborateurs enregistrent leurs pas et contribuent à un objectif commun fixé au niveau de l'équipe ou de l'entreprise.
Les participants peuvent également être répartis en équipes afin de comparer leur progression et de créer davantage d'interactions entre services, bureaux ou pays.
L'objectif n'est pas simplement d'accumuler le plus grand nombre de pas possible. Il s'agit surtout de proposer à l'ensemble de l'entreprise une activité facile à comprendre et un but commun à atteindre.
Que faut-il préparer avant le lancement ?
Avant de commencer, quelques décisions doivent être prises.
Élément | Décision à prendre |
Objectif collectif | Une distance, une destination ou un total de pas facile à comprendre |
Équipes | Répartition par service, bureau, pays ou groupes mixtes |
Outil de suivi | Application, plateforme ou méthode permettant d'enregistrer les pas |
Durée | Généralement 2 à 4 semaines pour une première édition |
Communication | Message de lancement, point d'étape et communication finale |
Récompenses | Prix pour les meilleurs résultats et opportunités pour un plus grand nombre de participants |
Mesure | Taux de participation, progression vers l'objectif commun et seuils atteints |
Pourquoi le coût peut être un bon argument
Une initiative de marche peut être relativement peu coûteuse par rapport à de nombreuses activités classiques de team building.
Selon le format choisi, le coût par collaborateur peut se rapprocher davantage du prix de quelques cafés que de celui d'une soirée ou d'une activité organisée pour toute une équipe.
La différence tient aussi à la portée du programme.
Un événement en présentiel se déroule généralement dans un lieu précis, à une date et une heure données. Les personnes en déplacement, en télétravail ou basées dans d'autres bureaux peuvent donc ne pas y participer.
Un défi digital peut, au contraire, durer plusieurs semaines et réunir des collaborateurs travaillant dans différentes villes, différents bureaux ou même différents pays.
Il est donc plus pertinent de le considérer comme un investissement accessible dans le bien-être et la participation collective que comme une dépense événementielle supplémentaire.
Comment lancer un défi de marche étape par étape
Étape 1 : fixer un objectif commun
Commencez par définir un objectif visible et compréhensible par toute l'entreprise.
Plutôt que d'imposer à chaque collaborateur un quota quotidien personnel, donnez au groupe une destination commune.
Par exemple :
- parcourir ensemble la distance de Paris à Rome
- atteindre virtuellement le camp de base de l'Everest
- faire le tour du monde en pas
- atteindre un million de pas à l'échelle de l'entreprise
L'objectif doit pouvoir être résumé en une phrase.
Pourquoi c'est important : les collaborateurs ont des niveaux d'activité très différents. Une personne qui travaille debout peut enregistrer bien plus de pas qu'une personne qui passe sa journée en visioconférence. Un objectif collectif permet à chacun de contribuer à sa mesure, et chaque pas fait avancer le même compteur.
Étape 2 : organiser les participants en équipes
Les équipes transforment une activité individuelle en expérience collective.
Vous pouvez créer les groupes par service, bureau ou pays, ou choisir de mélanger volontairement des collaborateurs qui travaillent rarement ensemble.
Dans une organisation hybride ou répartie sur plusieurs sites, cette dernière approche peut créer de nouveaux échanges entre collègues qui ont peu d'occasions d'interagir au quotidien.
Les performances individuelles peuvent également rester visibles.
Voir son propre résultat à côté de celui de ses collègues rend le défi plus concret et peut donner envie de progresser. L'objectif collectif garantit, en parallèle, que chaque performance individuelle contribue à un résultat plus large.
Pour les RH, un tableau de bord affichant à la fois les résultats globaux et les performances individuelles facilite le suivi, les communications intermédiaires et l'attribution des récompenses.
Étape 3 : garder une mécanique simple
L'un des principaux atouts d'un défi de marche est précisément sa simplicité.
Un pas est une unité que tout le monde comprend immédiatement.
Résistez à la tentation de créer un système de points complexe qui convertirait le vélo, la natation, le yoga ou d'autres activités en une unité commune. La marche est le format choisi justement parce qu'elle ne demande aucune explication.
Pour de nombreux collaborateurs, la marche peut facilement s'intégrer au quotidien :
- marcher pendant un appel
- sortir quelques minutes pendant la pause déjeuner
- se rendre à pied à une réunion
- effectuer une partie du trajet domicile-travail à pied
- faire une promenade après la journée de travail
La marche reste ainsi une activité accessible à une grande partie des salariés, car elle ne nécessite généralement ni équipement spécifique, ni salle, ni réservation, ni préparation sportive particulière.
Étape 4 : choisir une durée claire
Pour une première édition, deux à quatre semaines constituent un bon point de départ.
Le défi doit avoir une date de début et une date de fin connues dès le lancement.
Un format court crée un sentiment d'urgence et facilite l'adhésion. Un programme légèrement plus long laisse davantage de temps aux collaborateurs pour intégrer la marche à leur routine.
Les formats plus longs peuvent également fonctionner, mais ils demandent davantage de communication, de jalons intermédiaires et de variété dans les messages.
Étape 5 : préparer la communication avant le lancement
Ne lancez pas le défi avec un seul message.
Prévoyez au minimum trois temps de communication.
Au lancement : présentez l'objectif commun, les équipes, les règles, les récompenses et le caractère volontaire de la participation.
À mi-parcours : montrez jusqu'où l'entreprise est arrivée, quelles équipes progressent le plus rapidement et quels jalons ont déjà été franchis.
À la fin : partagez la distance ou le nombre total de pas, les résultats des équipes, les meilleurs participants, les gagnants des tirages au sort et les autres formes de reconnaissance.
Un objectif de destination donne aux RH un message beaucoup plus concret qu'un simple classement.
Au lieu de dire uniquement :
« L'équipe A est première. »
vous pouvez aussi communiquer :
« Nous avons déjà parcouru 70 % de notre trajet virtuel jusqu'à Rome. »
Étape 6 : construire un système de récompenses à plusieurs niveaux
Un seul gros lot pour la personne qui termine première n'est pas la seule manière de motiver les participants.
Une structure simple peut combiner plusieurs mécanismes.
1. Récompenser les meilleurs résultats
Par exemple, attribuer un prix aux trois collaborateurs ayant enregistré le plus de pas.
2. Organiser un tirage au sort parmi les participants ayant atteint un seuil
Tous les participants qui atteignent, par exemple, 100 000 pas pendant le défi peuvent être inscrits à un tirage au sort.
Ainsi, une personne qui ne peut pas rivaliser avec les meilleurs marcheurs conserve malgré tout un objectif réaliste.
3. Créer de petits objectifs intermédiaires
Les RH peuvent aussi imaginer des règles très simples adaptées à leur équipe.
Par exemple, si 30 personnes doivent atteindre ensemble un million de pas en deux mois, les cinq premières à atteindre individuellement 100 000 pas peuvent recevoir un bon café de 20 euros.
Il s'agit de petites règles internes, faciles à comprendre et annoncées avant le lancement.
Il peut aussi être utile de choisir une solution technique permettant aux participants d'échanger les pas cumulés contre de petites récompenses. Même modestes, ces récompenses donnent à chacun une raison personnelle de continuer à marcher, en plus de l'objectif commun.
4. Reconnaître tous les participants
Un diplôme digital ou une autre forme de reconnaissance interne peut être remis à chaque personne ayant participé.
Ce type de récompense coûte peu et permet aussi de valoriser ceux qui ne terminent pas en haut du classement.
Pourquoi le collectif est-il important ?
La dimension collective donne aux pas une portée sociale.
Marcher reste une activité individuelle, mais les résultats contribuent à une progression commune.
Dans une équipe hybride, cette dimension peut être particulièrement utile. Les collaborateurs ne se croisent pas toujours spontanément au bureau et disposent de moins d'occasions informelles d'échanger.
Un défi crée alors un sujet commun :
- comparer la progression des équipes
- commenter les étapes franchies
- encourager un collègue
- parler de la destination commune
- célébrer un nouveau seuil atteint
La performance individuelle n'a pas besoin de disparaître.
Elle peut rester un moteur pour les participants les plus compétitifs. Le rôle du collectif est simplement d'éviter que toute l'expérience ne se résume à savoir qui terminera premier.
Pourquoi choisir la marche comme activité ?
La marche présente un avantage pratique majeur : elle demande peu d'organisation.
L'Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes de pratiquer entre 150 et 300 minutes d'activité physique modérée par semaine.
Pour une grande partie des collaborateurs, marcher davantage est une manière simple d'ajouter du mouvement à la journée.
Il n'est pas nécessaire d'organiser une séance sportive à une heure précise ni de disposer d'un équipement particulier.
Cette simplicité permet également de conserver les mêmes règles pour tous : chacun contribue avec la même unité.
La participation reste volontaire. Toute personne qui préfère ne pas participer, ou qui ne peut pas utiliser l'outil de suivi, doit pouvoir s'abstenir facilement ou s'impliquer autrement, par exemple en aidant à organiser le défi. Garder la marche comme activité unique maintient par ailleurs tout le monde sur la même échelle, avec un seul total commun à atteindre.
Comment mesurer les résultats ?
Il est utile de distinguer les indicateurs liés à l'activité de ceux qui touchent davantage à l'engagement.
Taux de participation
Combien de personnes invitées ont rejoint le défi ?
C'est l'indicateur le plus simple pour déterminer si l'initiative a suscité de l'intérêt.
Progression vers l'objectif partagé
Combien de pas ou de kilomètres l'entreprise a-t-elle parcourus ?
L'objectif a-t-il été atteint ?
C'est aussi l'une des données les plus faciles à utiliser dans la communication finale.
Nombre de participants au-dessus d'un seuil
Si 100 000 pas permettent d'entrer dans un tirage au sort, combien de participants ont atteint ce seuil ?
Cet indicateur montre combien de personnes se sont réellement investies dans le défi, au-delà de la simple inscription.
Retour qualitatif facultatif
Les RH peuvent également poser une question simple après le défi.
Par exemple :
« Le défi vous a-t-il amené à échanger avec des collègues avec lesquels vous travaillez habituellement peu ? »
Ce type de retour peut donner un signal intéressant sur la dimension sociale du programme, mais il ne prouve pas que le défi a entraîné à lui seul une hausse générale de l'engagement.
Indicateur | Ce qu'il montre | Ce qu'il ne montre pas |
Taux de participation | Combien de personnes ont rejoint le programme | Une hausse générale de l'engagement |
Progression collective | Jusqu'où l'entreprise a avancé | La répartition exacte de l'effort |
Seuil atteint | Combien de personnes ont atteint un niveau défini | Une activité régulière chaque jour |
Feedback facultatif | La perception des interactions sociales | Un lien de causalité avec l'engagement |
Quelles erreurs faut-il éviter ?
Ne pas définir d'objectif commun
Accumuler des pas sans destination ni objectif visible limite la dimension collective du programme.
Donnez à toute l'entreprise un résultat concret à atteindre ensemble.
Faire du classement individuel le seul moteur
Les résultats individuels peuvent être motivants et rester visibles.
Le problème apparaît lorsque toute la mécanique repose uniquement sur la première place.
Ajoutez des équipes, un objectif commun et plusieurs types de récompenses.
Compliquer les règles
Plus il faut expliquer de conversions, de coefficients ou de systèmes parallèles, plus le lancement devient difficile.
Les pas ont l'avantage d'être immédiatement compréhensibles.
Ne communiquer qu'une seule fois
L'attention baisse rapidement si le programme disparaît des communications internes après le lancement.
Planifiez les points d'étape à l'avance.
Ne prévoir qu'un seul gagnant
Les meilleurs participants peuvent être récompensés sans que les autres soient laissés de côté.
Ajoutez un seuil de participation, des tirages au sort ou de petits objectifs intermédiaires.
Présenter le défi comme une solution complète à la QVCT
Une initiative de marche peut soutenir une démarche QVCT, mais elle ne remplace pas le traitement des problèmes liés à la charge de travail, au management ou aux risques psychosociaux.
Elle doit rester une initiative complémentaire.
Comment intégrer une initiative de marche dans une démarche QVCT ?
Une initiative de marche peut proposer une activité commune, encourager davantage de mouvement et créer de nouvelles interactions entre collègues.
Elle peut donc trouver naturellement sa place dans une stratégie QVCT plus large.
En revanche, elle ne doit pas être présentée comme une réponse suffisante aux risques psychosociaux ni comme une preuve que les obligations de prévention ont été remplies.
Les données du défi peuvent aider les RH à comprendre la participation à l'initiative elle-même : nombre d'inscrits, progression, résultats des équipes et performances individuelles.
Les obligations réglementaires et l'évaluation des risques professionnels doivent continuer à être traitées dans les processus prévus à cet effet.
Quand une plateforme dédiée devient-elle utile ?
Une première édition à petite échelle peut être organisée avec des outils simples.
Une plateforme dédiée devient plus intéressante lorsque :
- plusieurs équipes participent
- plusieurs bureaux ou pays sont concernés
- les pas doivent être synchronisés automatiquement
- les classements doivent être visibles en temps réel
- les RH ont besoin d'un tableau de bord clair
- les résultats individuels et collectifs doivent être consultables facilement
- les récompenses dépendent de seuils précis
- la saisie et le suivi manuels deviennent trop chronophages
Le bon moment pour passer à une plateforme ne dépend donc pas uniquement du nombre de salariés.
Le véritable signal apparaît lorsque l'administration du défi prend plus de temps que son animation.
Questions fréquentes
Combien de temps doit durer un défi de marche en entreprise ?
Pour une première édition, deux à quatre semaines constituent généralement un bon point de départ. Un programme plus long peut également fonctionner, mais il nécessite davantage de communication et de jalons intermédiaires.
Faut-il un podomètre ou une montre connectée ?
Non. Les smartphones modernes peuvent déjà compter les pas. Une montre connectée peut faciliter le suivi, mais elle ne devrait pas être obligatoire.
Pourquoi utiliser un objectif commun plutôt qu'un quota quotidien par personne ?
Parce qu'un objectif partagé permet à des personnes ayant des niveaux d'activité différents de contribuer au même résultat, chacune à sa mesure.
Il renforce également la dimension collective du programme.
Les résultats individuels doivent-ils être visibles ?
Ils peuvent l'être et jouer un rôle positif dans la motivation.
Voir sa contribution à côté de celle de ses collègues rend la progression plus concrète. Les RH doivent simplement expliquer clairement comment les données et les classements sont utilisés.
Comment récompenser des participants ayant des niveaux d'activité différents ?
Combinez plusieurs mécanismes.
Récompensez les meilleurs résultats, mais ajoutez également des tirages au sort parmi les personnes ayant atteint un seuil donné et de petits objectifs intermédiaires définis par les RH.
Faut-il convertir d'autres activités en pas ?
Non. La marche ne demande ni équipement, ni réservation, ni entraînement, ni niveau sportif particulier : c'est l'activité que presque toute l'entreprise peut rejoindre dès le premier jour. Garder les pas comme unité unique maintient aussi tout le monde sur une même échelle et fait avancer le groupe vers un seul total commun, plutôt que de diviser le défi en plusieurs barèmes que peu de personnes suivent.
Une initiative de marche suffit-elle à améliorer l'engagement ?
Non. Elle peut soutenir le lien collectif, la participation et l'activité physique, mais elle ne résout pas les causes profondes du désengagement.
Le télétravail est-il un obstacle ?
Pas nécessairement. Un défi digital peut au contraire donner aux équipes réparties à distance une activité commune, à condition que les classements, la progression et les communications soient accessibles où que se trouvent les participants.
Pour aller plus loin
Une bonne initiative de marche repose sur quelques principes simples : un objectif commun, des équipes, une mécanique basée sur les pas, une communication régulière et des récompenses accessibles à différents profils de participants.
Pour les RH, les indicateurs les plus utiles restent la participation, la progression vers l'objectif collectif et le nombre de personnes ayant atteint les seuils définis.
La performance individuelle peut rester visible et motivante, mais elle fonctionne mieux lorsqu'elle s'inscrit dans une dynamique collective.
C'est cette combinaison entre simplicité, progression commune et reconnaissance individuelle qui transforme un simple compteur de pas en véritable initiative d'équipe.